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  • Naples gagnée par la fièvre des crèches

    Chaque année, durant la période de Noël, des crèches abritant de superbes figurines ornent les maisons et les églises.

    Naples est une ville excitante. Pour les Napolitains de souche ou nouveaux venus, c'est la plus belle du monde. Et il n'est guère facile de les contredire, surtout lorsqu'on la contemple du haut du Vomero, laissant errer le regard sur son golfe légendaire et sur le dôme majestueux du Vésuve.

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    Certes, la ville est bruyante, chaotique, et le quartier de Spaccanapoli un peu dangereux. Mais le caractère italien s'y exprime comme nulle part ailleurs dans la botte: ses habitants ont du tempérament, leurs mimiques sont un régal, leur dialecte est très mélodieux à défaut d'être compréhensible, et leur cuisine enchante le palais: pizza, pâtes, poisson et toutes sortes de douceurs, tels les babas au rhum et les sfogliatelle farcis de ricotta et de fruits confits, sont simplement irrésistibles.

    Quant à la météo, elle est clémente pour ces joyeux Italiens du sud. En décembre, le soleil leur dispense encore une douce chaleur oscillant entre 15 et 20 degrés, ce qui n'empêche pas les dames de promener leur manteau de fourrure. Outre ce plaisir, le dernier mois de l'année leur réserve d'autres joies encore, notamment la fête de Noël avec son sapin et la crèche présente dans tous les foyers.

    Dès le XIIe siècle

    Les premières crèches, très simples, ont vu le jour dans les églises romaines aux environs du XIIe siècle. Trois cents ans plus tard, des fabricants de figurines sont venus s'installer à Naples, où la tradition des crèches s'est ancrée peu à peu. Mais l'âge d'or des crèches napolitaines remonte au XVIIIe siècle, époque à laquelle la ville connaît son apogée sous la domination de Charles III, roi des Bourbons, et soutient la comparaison avec les capitales européennes les plus florissantes.

    Le roi encourage l'art et la culture, il reconnaît officiellement le métier de fabricant de figurines. Les crèches deviennent à la mode. Charles III, lui-même très doué manuellement, s'entoure de scénographes, d'artistes et d'architectes et, avec leur concours, il crée des crèches grandioses comptant jusqu'à deux cents figurines. Tout y est réglé dans les moindres détails: la naissance du Christ et la cohorte des nobles à droite, l'auberge et des scènes de la vie quotidienne à gauche, le peuple des bergers à l'avant et des anges qui survolent l'ensemble.

    Fabriquées avec soin

    Les figurines sont manufacturées avec un soin grandissant et ne sauraient manquer dans aucune crèche. Aujourd'hui, on débourse volontiers quelques centaines de milliers de lires (quelques centaines de francs) pour elles chez les antiquaires de la Via Domenico Morelli. Ces figurines sont faites de bois et de chanvre, et leur tête d'argile. Elles portent des vêtements de l'époque, colorés pour les marchandes, élégants pour les dames.

    Le secteur du musée qui leur est consacré dans la belle chartreuse de San Martino présente une des plus importantes collections publiques de crèches, parmi laquelle l'uvre admirable du dramaturge Michele Cuciniello, dans laquelle des effets spéciaux de lumière imitent les variations de l'intensité lumineuse au fil du jour. A Noël, quelque 400 crèches sont exposées dans les 700 églises de Naples. Mais elles sont présentes partout, car chaque famille, aussi pauvre soit-elle, en possède une.

    Le 8 décembre en fin d'après-midi, il n'est plus possible ou presque d'avancer dans les rues S. Gregorio Armeno et S. Biagio dei Librai, car une foule compacte s'y presse devant les magasins et les comptoirs qui vendent tout ce qu'il faut pour réussir une belle crèche: du liège pour le toit, de la mousse, des arbres et des buissons, l'aménagement intérieur d'une auberge, le buf et l'âne, des marchands et des bergers, des ampoules électriques, l'Enfant Jésus et Marie, des anges sous toutes les formes.

    Participation de tous

    Les frères Giuseppe et Marco Ferrigno sont passés maîtres dans la fabrication traditionnelle des figurines. Sis au numéro 8 de la Via S. Gregorio Armeno, leur commerce ressemble à un musée, à la différence que tout peut s'y acheter.

    Il est de coutume que toute la famille participe à l'édification de la crèche. Le père bricole l'éclairage, la mère coud ce qui doit être cousu et les enfants, pour autant qu'on les y autorise, mettent le tout en place.

    A la Via dei Mille, dans le quartier élégant de Chiaia, se trouvent les boutiques des designers; à la Via Toledo, artère commerçante très animée, les prix sont modiques. Après un court arrêt à l'Antica Pizzeria e Friggitoria di Matteo, à la Via Tribunale 94, pour calmer une petite faim avec une pizza ou des boulettes de riz frites, on poursuit sa route. Plus tard, on dînera peut-être à l'élégant restaurant La Bersagliera, au Borgo Marinaro près du Castel dell'Ovo.

  • En Islande, la nature bouillonne, ruisselle, crache...

    En Islande, la création est toujours à l'uvre: la nature bouillonne, ruisselle, crache. Coup d'il sur la plus grande île volcanique du monde.

    Quelle affaire complexe que de fixer la nature islandaise par les mots et par l'image! L'instabilité y règne en maîtresse, tant à la surface que dans les entrailles de la Terre. C'est en ces termes, en substance, que l'auteure islandaise Steinunn Sigurdardóttir décrit son pays dans la préface d'une collection de fascinantes prises de vue réalisées par le photographe Páll Stefánsson.

    Force m'est de lui donner raison. Un dixième de la surface de l'Islande est couverte d'une gigantesque et grandiose calotte glaciaire. Mais ce n'est de loin pas tout! Le pays est ponctué d'imposants volcans, ciselé par de profonds fjords, des prairies verdoyantes, des déserts de sable noir, des sources chaudes, des geysers fulminants et des cascades, qui se fraient leur chemin dans un tonnerre de Dieu entre des formations rocheuses déchiquetées et des masses de lave durcie.

    Mais cela non plus ne dit pas tout de la fascination que l'île exerce sur ses visiteurs. En réalité, celle-ci naît de la rencontre de toutes ces forces de la nature et de l'alternance de leurs activités, souvent impétueuses, effrayantes et indomptables, puis douces et placides.

    Ce spectacle parfois irréel est dans certains cas encore amplifié par les jeux de couleurs: souvent, quand le regard vagabonde jusqu'à l'infini, les yeux sont arrêtés par des bandes de terre jaunâtres, brunâtres ou noires, puis butent contre des sommets enneigés ou non, passent au-dessus de collines verdoyantes, traversent des marais jaune clair ou des formations rocheuses jetant des reflets de toutes les nuances de rouge.

    Le tout est surmonté d'un ciel infini, d'où le soleil répand ses rayons clairs, engloutis par de volumineux cumulus ou tamisés par un plafond moutonneux qui les traverse plus ou moins rapidement.

    Islande, terre de contrastes, de caprices et de surprises! Cette réalité n'est pas seulement celle du paysage. Le dieu de la météo a bien compris sa mission: certains jours, il offre aux habitants et aux visiteurs de vivre deux, voire trois saisons. Quand bien même, comme le disent les Islandais eux-mêmes, il n'y a pas vraiment de temps sur l'île, juste des échantillons

    Un peuple fier

    Une île aussi particulière est évidemment habitée par un peuple au caractère bien trempé. De fait, les descendants des Vikings sont forts et fiers. Ils ont appris depuis longtemps à s'accommoder des caprices de la météo et des forces de la nature, et à les respecter. Le long hiver sombre et le bref été ont imprégné leurs habitudes de vie, et rien ou presque ne peut leur ôter leur flegme naturel.

    Même dans les rues de Reykjavik, on ressent non pas de l'agitation, mais beaucoup de gentillesse et une joie de vivre contagieuse. Et comme pour trouver un équilibre, les Islandais aiment à dire l'inquiétante majesté de la nature de leur pays par les mots, l'art ou la musique.

    Et, bien sûr, ils ne sont pas en reste à l'ère de la communication moderne: ici, tout un chacun possède au moins un téléphone portable et un ordinateur dont il fait grand usage. Il n'est donc pas étonnant que les pêcheurs exportent leurs produits par Internet; on ne trouve nulle trace des traditionnels marchés aux poissons.

    Des sources inépuisables

    Les Islandais ont une relation particulière avec ce que nous appelons le wellness. Rien d'étonnant, au demeurant, car les sources d'eau chaude ou médicinale sont quasiment inépuisables. Que ce soit au grand air ou à l'intérieur, piscines, bains thermaux ou hotpots sont très fréquentés. Ils sont devenus des lieux de rencontre de la société islandaise actuelle, où bien des problèmes se discutent et se règlent dans une eau agréablement chaude et une atmosphère conviviale.

    Pour en revenir aux hotpots, ils sont aux Islandais ce que les saunas sont aux Finlandais. Signe tangible et thermique des bouillonnements du sous-sol, ce n'est pas demain que ces sources chaudes tariront.