J C. Grondahl
Éditeur : Le Serpent à plumes
Les filles, il les connaît, elles prennent des garçons en attendant la vraie histoire. Au départ, elles aiment sa qualité d'écrivain, cet «ornement démodé». Mais quand on ne montre jamais ses sentiments, elles partent avec votre meilleur ami. «Il prit Alma en charge, comme si elle m'avait été prêtée. Comme un noceur anglais qui laisse à son domestique le soin d'assouplir sa nouvelle veste de tweed.» Grondahl, le cousin nordique de Modiano, a le sens du détail misérable. Son Eté indien, best-seller au Danemark, irradie comme le costume de Joe Dassin. Une lumière éblouissante crève les yeux tout le long du récit. Tandis que des personnages un peu veules circulent en transit, comme des invités de passage qui conservent leur manteau et dont personne ne va remarquer la sortie.
Né à Copenhague, l’auteur danois Jens Christian Grondahl a suivi une formation de réalisateur à l’Ecole danoise du cinéma et a travaillé dans le journalisme avant de se consacrer à l’écriture. Il est aujourd’hui l’un des auteurs les plus lus dans son pays et ses livres (dix romans à ce jour) sont traduits en France depuis quelques années.
Bibliographie, en France :
Eté indien
Silence en octobre
Bruits du cœur
Virginia.
Son dernier livre : SOUS UN AUTRE JOUR
Aucune passion n'est inguérissable. C'est ce que dépeint Grondahl. Chez d'autres, la désillusion aurait des lendemains positifs. Avec lui, ce n'est pas très gai. Car si ses personnages se remettent de leur rupture, s'ils l'assument avec philosophie, c'est au prix d'un regard sceptique sur leur harmonie passée, d'une méditation sur le bonheur impossible. Chaque histoire d'amour débouche sur une équation que le narrateur refuse de résoudre, par impuissance : mesurer la distance entre son reflet dans un miroir et son image telle qu'elle est perçue par les yeux d'une autre, laquelle demeure irréductiblement inconnue.
Personne ne peut se targuer d'avoir connu personne : chacun se fraye "un chemin à travers les grillages des ans, les voiles d'ombres et de lumière", mais les lignes "se fondent en un magma de silhouettes transparentes", écrit-il dans Eté indien (Le Serpent à plumes, 1996). Dans Silence en octobre (Gallimard, 1999), une femme disparaît sans laisser d'adresse, après dix-huit ans de vie commune. Son époux considère que cette dissipation était annoncée depuis le début : elle était si lointaine, leurs jours flottaient "entre le presque vu et le déjà oublié" . Il y a tant de hasards dans une rencontre et de silences dans un mariage. Les gens qu'on avait crus si proches se révèlent si étrangers, les femmes adulées se révèlent si mystérieuses. Celui ou celle qui fut votre moitié s'estompe comme une "estafilade de lumière dans des ténèbres inconnues".
Fidèle à ce qui fait le charme de ses sonates d'automne - une cruelle mélancolie -, Jens Christian Gron-dahl raconte comment un couple, tout à coup, se brise, sans cris, sans éclats. Et fidèle à sa façon de remonter le fil de l'intime, il revisite la vie des séparés, traque les mouvements du coeur et les fêlures. En exergue de Sous un autre jour, cette citation de Saul Bellow : "L'histoire d'une vie n'est rien d'autre qu'un exil."
Irene Beckman, 56 ans, est une femme comblée : belle carrière d'avocate, mariage heureux, deux enfants, une villa dans les beaux quartiers de Copenhague. Un soir, elle tombe sur une conversation enregistrée par erreur sur son répondeur téléphonique et se rend compte que son mari lui est infidèle.
La suite n'est pas banale. Ni scènes de ménage ni menaces. Irene va divorcer, mais sans hausser le ton. Elle va faire le constat d'une alliance condamnée, un arrangement, une imposture. Chuchoter à sa rivale que son mari "est un type bien" . Evoquer sa réticence, jadis, à l'épouser ("elle céda, puisqu'il la voulait absolument"). Confier qu'elle doute l'avoir "jamais aimé" . Avouer qu'elle l'a trompé, douze ans plus tôt, avec un homme de l'âge de son fils. Martin la trompe aujourd'hui ? "Nous sommes tous deux , dit-elle, à porter le blâme de n'avoir pas su faire un avec notre vie (...). J'aimerais te serrer dans mes bras à cet instant. J'aimerais prendre ton visage si familier dans mes mains. Car tu sais quoi ? Tu as raison. Rien ne s'est passé comme tu l'avais prévu. C'est moi qui te demande pardon. C'est moi qui ai menti. Laisse tomber cette mauvaise conscience. Va-t-en, et ne regarde pas en arrière."
Irene, elle, ne cesse de remonter le temps. Elle ne respecte pas l'injonction de sa mère qui, à la veille d'une intervention chirurgicale, lui remet une enveloppe en lui demandant de l'ouvrir seulement après sa mort. A l'heure où son mari n'est plus le sien, Irene revoit sa vie "sous un autre jour", son incapacité de toujours à saisir son "moi profond et inconnu", en découvrant que son père n'est pas son père. Et la voilà partie à la recherche d'un certain Samuel, violoncelliste juif dont sa mère était éprise et qui dut s'enfuir... "J'ai été une autre, parce qu'un autre était mon père." Proie d'une douleur fantôme à cause d'une origine perdue.
Omschrijving
Als Irene Beckmans echtgenoot haar tijdens een familiediner vertelt dat hij van een ander houdt en dat hij van haar wil scheiden, wordt ze verrast door haar eigen reactie. Want waarom is ze niet volledig door zijn bekentenis uit het veld geslagen? Wat voelt ze precies voor haar man en in hoeverre kent ze hem eigenlijk? Terwijl Irene haar verwarde gedachten probeert te ordenen, ontdekt ze bij toeval dat de man die van haar moeder scheidde toen Irene dertien jaar oud was, niet haar biologische vader is. Ze begint een zoektocht naar haar eigen achtergrond en naar de bronnen van haar gevoelsleven. In veranderd licht beschrijft Jens Christian Grondahl op zijn bekende, indringende wijze de complexiteit van de hartstocht en van menselijke relaties. Veranderd licht is een roman over liefde, zelfinzicht en de noodzaak oordelen te durven herzien, en wordt gedragen door Grondahls, poëtische, weemoedige stijl.
Recensie
De Deense auteur J.Chr. Grøndahl is een meester in het literair verwoorden van het existentieel zelfonderzoek. Hij heeft dit bewezen in o.m. zijn indrukwekkende romans Stilte in Oktober, Lucca en Indian summer. Grøndahls stijl wordt gekenmerkt door een innerlijke, zeer beheerste blik, waarmee hoog oplopende, het bestaan bedreigende emoties worden geanalyseerd en bewerkt. Hoofdpersoon in de nieuwe roman is de 56-jarige Irene Beckman. Haar huwelijk is een alledaagse vanzelfsprekendheid geworden. Dan komt de ontdekking dat haar man een ander heeft ontmoet niet als een grote verrassing, "Alles wat zij weet, is dat er iets in Martins leven bestaat dat Susanne heet." De gevolgen openen een nieuwe vrijheid voor Irene, een vrijheid die haar in een diepgaand zelfonderzoek en een reis door Europa "een gestolen cello, een onbekende passagier en een vader in Wenen, die ze laat, veel te laat heeft leren kennen" oplevert. Opnieuw een prachtige, meeslepende roman van een grote Europese schrijver, die met helderheid en herkenbaarheid verwoordt waar het hem om gaat: te laten zien dat de hoop wel eens dakloos kan zijn, maar nooit klein is te krijgen. Paperback, kleine druk.
Note : 11/10
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